
Une installation électrique ancienne peut continuer à fonctionner pendant des années tout en présentant des risques pour ses occupants. Des prises qui alimentent normalement les appareils, des éclairages opérationnels ou un tableau qui ne disjoncte jamais ne garantissent pas que les protections contre les électrisations et les incendies soient suffisantes.
Il faut envisager une rénovation électrique dès que des anomalies dangereuses apparaissent, que les protections essentielles sont absentes ou que les circuits ne peuvent plus répondre aux besoins du logement en sécurité. L’âge de l’installation constitue un indice, mais ne suffit pas à imposer son remplacement intégral.
Dans une maison ou un appartement ancien, la décision dépend de l’état des conducteurs, de la qualité des protections, des équipements utilisés et des autres travaux envisagés. Un contrôle professionnel permet de distinguer les corrections urgentes d’une rénovation complète qui peut être planifiée. Cette distinction évite autant de conserver des dangers invisibles que d’engager inutilement un chantier lourd.
Rénovation électrique : les trois décisions essentielles
- Ne pas attendre une panne : une installation peut présenter des risques malgré un fonctionnement apparemment normal.
- Adapter l’intervention au diagnostic : une mise en sécurité peut suffire dans certains logements, tandis que des câbles dégradés ou des circuits inadaptés peuvent justifier une réfection complète.
- Anticiper les autres travaux : lorsque murs, cloisons et sols doivent être rénovés, prévoir l’électricité avant les finitions évite des reprises coûteuses.
- Pourquoi une installation électrique ancienne peut-elle présenter un risque sans signe évident ?
- Comment identifier les signes d’une installation électrique devenue trop ancienne ?
- Mise en sécurité ou rénovation complète : quelle solution choisir dans un logement ancien ?
- Pourquoi refaire murs et peintures avant l’électricité peut-il entraîner des travaux en double ?
- Quand refaire l’électricité lors d’une rénovation complète d’appartement ou de maison ?
- Sécurité ou économies d’énergie : quel chantier doit passer en premier ?
- Quand refaire les peintures lors d’une rénovation comprenant sols, fenêtres et électricité ?
- Quels travaux sont prioritaires dans une maison ancienne quand le budget est limité ?
Pourquoi une installation électrique ancienne peut-elle présenter un risque sans signe évident ?
Une installation électrique ancienne peut devenir dangereuse sans provoquer de panne visible, car le vieillissement touche aussi des éléments cachés dans les murs, les boîtes de connexion et le tableau. Les isolants peuvent se dégrader, les contacts électriques se détériorer et les protections devenir insuffisantes. Le fonctionnement normal des appareils ne permet donc pas de conclure à l’absence de danger.
Avec le temps, certains matériaux isolants perdent leurs propriétés. Les contraintes mécaniques, la chaleur et des interventions successives peuvent fragiliser les conducteurs ou leurs connexions. Un serrage défectueux augmente notamment la résistance électrique au point de contact, ce qui peut provoquer un échauffement localisé sans interrompre immédiatement l’alimentation.
Le problème peut également venir des protections. Un circuit dépourvu de protection différentielle adaptée peut alimenter normalement un appareil alors qu’un défaut d’isolement présenterait un risque pour une personne. De même, une prise ancienne peut fonctionner sans disposer d’une mise à la terre appropriée.
La série de normes françaises NF C 15-100 constitue un référentiel technique majeur pour les installations électriques basse tension. Sa révision de 2024 prend notamment en compte l’évolution des techniques et des usages, comme le présente la fiche AFNOR de la norme NF C15-100-1. Les prescriptions applicables à un chantier dépendent toutefois de la nature des travaux. Une installation existante n’est pas automatiquement à remplacer intégralement parce qu’elle précède une révision normative.
L’âge reste donc un indicateur à interpréter. Une installation vieille de plusieurs décennies, entretenue et contrôlée, peut présenter moins d’anomalies qu’un réseau plus récent ayant subi des modifications improvisées. Des circuits ajoutés sans dimensionnement approprié ou des connexions réalisées sans compétence peuvent créer des risques indépendamment de la date de construction.
Le critère déterminant n’est pas seulement l’année d’installation, mais la combinaison entre état des équipements, efficacité des protections et conditions réelles d’utilisation.
Cette réalité conduit à rechercher des indices concrets, sans attendre qu’une panne révèle un défaut déjà dangereux.
Comment identifier les signes d’une installation électrique devenue trop ancienne ?
Les signes les plus préoccupants sont les prises ou interrupteurs qui chauffent, les odeurs de plastique brûlé, les déclenchements répétés et les conducteurs visiblement endommagés. Un tableau dépourvu de protections adaptées ou des prises sans terre justifient également un contrôle. Ces observations servent à déclencher une vérification professionnelle, pas à établir soi-même un diagnostic définitif.
Certains indices peuvent être repérés sans démonter aucun équipement. Sur le tableau électrique, la présence d’anciens porte-fusibles, l’absence apparente de dispositifs différentiels ou des repérages de circuits incomplets doivent attirer l’attention. La présence d’un disjoncteur général ne signifie pas, à elle seule, que chaque circuit bénéficie des protections nécessaires.
Dans les pièces, plusieurs éléments méritent également d’être signalés :
- Des prises anciennes sans contact de terre apparent, notamment lorsqu’elles alimentent des appareils nécessitant une mise à la terre.
- Des appareillages cassés, instables ou présentant des parties accessibles anormales.
- Des gaines détériorées ou des conducteurs anciens visibles dans des zones normalement accessibles.
- Une multiplication de rallonges et de multiprises pour pallier le manque de circuits et de points d’alimentation.
- Des variations d’éclairage inhabituelles ou des déclenchements de protection sans cause identifiée.
Une prise sans broche de terre est un indice utile, mais l’examen visuel ne permet pas de vérifier la continuité réelle d’un conducteur de protection. Inversement, la présence d’une broche ne prouve pas que la terre est correctement raccordée.
Une odeur de brûlé, des étincelles anormales ou un appareillage très chaud nécessitent une réaction immédiate. Il convient de cesser d’utiliser le circuit concerné et de faire intervenir un électricien. La coupure de l’alimentation ne doit être effectuée que si elle peut l’être sans danger. En présence de fumée ou d’un départ de feu, il faut s’éloigner et prévenir les secours.
En France, le diagnostic de l’installation intérieure d’électricité est obligatoire lors de la vente ou de la mise en location d’un logement lorsque l’installation concernée a plus de 15 ans. La fiche de Service Public sur le diagnostic électrique immobilier détaille son périmètre et les contrôles réalisés.
Ce document recherche les anomalies susceptibles de compromettre la sécurité. Il ne constitue ni un devis de travaux ni une vérification exhaustive de conformité à toutes les prescriptions actuelles. Son seuil de 15 ans n’est pas une date limite imposant le remplacement des câbles.
5 vérifications pour préparer un contrôle électrique
- Relever l’historique de l’installation : rassembler les factures, attestations et dates de travaux disponibles dans un dossier.
- Observer le tableau sans l’ouvrir : photographier les équipements accessibles et noter les circuits mal identifiés.
- Recenser les anomalies visibles : établir une liste datée des prises abîmées, défauts d’éclairage et déclenchements inhabituels.
- Identifier les usages importants : dresser l’inventaire des appareils de forte puissance et des futurs équipements prévus.
- Demander une évaluation professionnelle : obtenir un compte rendu distinguant dangers constatés, travaux urgents et améliorations envisageables.
L’étape suivante consiste à déterminer si les défauts peuvent être corrigés de manière ciblée ou s’ils concernent suffisamment de circuits pour justifier une rénovation globale.
Mise en sécurité ou rénovation complète : quelle solution choisir dans un logement ancien ?
La mise en sécurité convient lorsque les défauts peuvent être corrigés sans remplacer l’ensemble des circuits et que les conducteurs conservés restent utilisables en sécurité. La rénovation complète devient plus pertinente lorsque les câbles sont dégradés, que les circuits sont largement inadaptés ou que le logement doit être entièrement réaménagé. Le choix doit reposer sur une évaluation technique.
La mise en sécurité vise à supprimer les risques identifiés pour les personnes et les biens. Elle peut comprendre l’adaptation du tableau, des protections, des connexions, de la mise à la terre et des équipements dangereux. Son périmètre dépend des défauts constatés : remplacer simplement le tableau ne suffit pas nécessairement.
La rénovation complète consiste à reprendre plus largement la distribution électrique. Elle peut nécessiter de nouveaux conducteurs, des circuits supplémentaires, un tableau adapté aux usages et le repositionnement des prises, interrupteurs ou points lumineux.
Les deux approches répondent à des situations différentes.
| Critère | Mise en sécurité | Rénovation complète |
|---|---|---|
| État des câbles | Conservation possible après vérification de leur état et de leur aptitude à rester en service. | Remplacement des conducteurs ou circuits concernés lorsque leur état ou leurs caractéristiques l’exigent. |
| Protections | Correction des protections manquantes ou inadaptées. | Reconfiguration des protections en fonction du nouveau réseau. |
| Capacité des circuits | Les limites des circuits existants peuvent subsister. | Possibilité d’adapter la distribution aux besoins actuels et futurs. |
| Interventions sur les murs | Souvent plus limitées, selon les défauts à corriger. | Potentiellement importantes, notamment pour les circuits encastrés. |
| Situation favorable | Logement conservant son implantation, avec réseau techniquement récupérable. | Réaménagement important, réseau dégradé ou distribution devenue inadaptée. |
La difficulté vient souvent des conducteurs cachés. Il est généralement plus simple de remplacer des protections accessibles que de reprendre des câbles encastrés dans des murs finis. Mais des conducteurs défectueux ne doivent pas être conservés au seul motif que leur remplacement serait invasif.
L’association Promotelec définit plusieurs exigences essentielles pour une installation existante : coupure générale accessible, protection différentielle adaptée, protection des circuits contre les surintensités, dispositions de sécurité dans les pièces d’eau, absence de matériels dangereux et protection mécanique des conducteurs. Ces principes sont présentés dans la fiche technique de Promotelec sur la mise en sécurité électrique.
Un autre critère concerne les nouveaux usages. Une installation mise en sécurité peut rester peu pratique pour une cuisine entièrement équipée, un chauffage électrique supplémentaire ou une future borne de recharge. La capacité des circuits, les sections de conducteurs et les protections doivent être étudiées avant d’ajouter de telles charges.
La situation juridique compte également. Pour un logement loué, le propriétaire bailleur doit respecter les exigences de décence, notamment concernant la sécurité et le bon fonctionnement de l’installation. En cas de vente, le diagnostic obligatoire informe sur les risques identifiés, mais n’impose pas automatiquement au vendeur de refaire toute l’installation. Les obligations particulières doivent être appréciées selon le contexte de la transaction.
Lorsque les murs doivent déjà être ouverts pour d’autres travaux, l’intérêt d’une rénovation électrique complète augmente : les contraintes de chantier changent considérablement.
Pourquoi refaire murs et peintures avant l’électricité peut-il entraîner des travaux en double ?
Refaire les murs et les peintures avant de modifier les circuits électriques peut obliger à détruire une partie des finitions neuves. L’encastrement de câbles, l’installation de boîtiers et le déplacement des prises nécessitent souvent des ouvertures dans les parois. Prévoir l’électricité avant les enduits et la peinture évite donc des reprises inutiles.
Dans une rénovation avec circuits encastrés, l’électricien intervient pendant que les supports sont encore accessibles. Il peut préparer les passages autorisés, installer les conduits, positionner les boîtiers et réaliser les connexions prévues. Les professionnels chargés des cloisons et enduits interviennent ensuite pour refermer et remettre les supports en état.
Inverser cet ordre entraîne plusieurs conséquences. Une cloison fraîchement peinte peut devoir être ouverte pour alimenter une prise oubliée. Les saignées nécessitent alors de nouvelles opérations de rebouchage, de ponçage et de peinture. Même une intervention localisée peut produire une différence d’aspect entre la zone retouchée et le reste du mur.
Le surcoût ne provient pas uniquement des matériaux : il résulte aussi du retour des artisans, de la protection des pièces déjà terminées et des délais supplémentaires entre les différentes opérations.
Le plan électrique doit donc être arrêté avant les finitions. Il précise les emplacements des prises, interrupteurs, éclairages et sorties de câbles, ainsi que les besoins des équipements fixes. Dans une cuisine, par exemple, déplacer une prise après la pose des meubles et de la crédence peut devenir beaucoup plus contraignant que de la prévoir initialement.
Les rénovations légères admettent cependant des solutions différentes. Lorsqu’il n’est pas prévu d’ouvrir les murs, certains circuits peuvent être posés sous moulures ou goulottes adaptées. Cette solution limite les travaux de maçonnerie, mais impose d’accepter des cheminements visibles et de respecter les règles techniques de pose.
Une intervention après peinture reste donc envisageable dans certains cas. Elle ne doit toutefois pas être décidée uniquement pour préserver les finitions si l’état du réseau impose une reprise plus profonde.
Dans une rénovation complète, cette coordination s’inscrit dans un calendrier plus large, impliquant aussi la plomberie, la ventilation, les cloisons et les sols.
Quand refaire l’électricité lors d’une rénovation complète d’appartement ou de maison ?
Lors d’une rénovation complète, les travaux électriques doivent être préparés dès la conception du projet, puis réalisés en phase de second œuvre, avant la fermeture définitive des cloisons et les finitions. Leur calendrier doit être coordonné avec la plomberie, la ventilation et les équipements techniques. Les essais et la pose finale des appareillages interviennent selon l’avancement du chantier.
La première étape consiste à définir les besoins électriques sur les plans du futur logement. Il faut notamment anticiper l’implantation des appareils de cuisine, les équipements de chauffage ou de climatisation, les points lumineux et les besoins éventuels de recharge d’un véhicule.
Les travaux de structure et les principales interventions sur le bâti doivent être suffisamment avancés pour permettre le passage des réseaux. L’électricien intervient ensuite en coordination avec les autres corps de métier. Lorsque plusieurs réseaux sont encastrés, l’ordre précis de pose doit être arrêté collectivement pour éviter les croisements problématiques et les interventions incompatibles.
Avant fermeture des parois, les passages, boîtiers et réservations sont vérifiés. Les travaux d’enduit et de finition peuvent ensuite commencer, tandis que certains équipements définitifs sont installés plus tard pour éviter leur dégradation pendant le chantier.
La coordination diffère entre appartement et maison individuelle. En copropriété, les interventions sur les parties communes, certaines gaines techniques ou les équipements collectifs nécessitent de vérifier les règles de copropriété et de se rapprocher du syndic. Il faut également distinguer l’installation privative des ouvrages relevant du gestionnaire de réseau.
Dans une maison individuelle, l’organisation peut être plus directe, mais les limites d’intervention sur le branchement et le comptage doivent également être respectées.
Un point essentiel concerne les équipements futurs. Même lorsque certains appareils ne sont pas installés immédiatement, prévoir les espaces techniques, cheminements et possibilités d’évolution peut éviter de nouvelles ouvertures. Cela vaut particulièrement pour une future cuisine, une ventilation mécanique ou une installation de recharge.
Profiter des murs ouverts réduit les travaux de reprise et facilite la vérification des réseaux avant leur recouvrement. Cela ne signifie pas que la rénovation complète est systématiquement nécessaire : son intérêt doit être confirmé par l’état de l’installation et le projet d’aménagement.
Cette programmation doit aussi tenir compte des travaux énergétiques, dont certains modifient directement les besoins et les circuits du logement.
Sécurité ou économies d’énergie : quel chantier doit passer en premier ?
Lorsque l’installation électrique présente un danger avéré, les travaux de sécurité doivent passer avant les améliorations destinées uniquement à réduire les consommations d’énergie. Un risque d’électrisation ou d’incendie ne peut pas être différé au profit d’un gain énergétique progressif. En l’absence de danger immédiat, les deux projets peuvent être préparés ensemble pour limiter les reprises.
La priorité dépend d’abord de la nature des défauts. Un appareil présentant des parties sous tension accessibles, des conducteurs endommagés ou des signes d’échauffement exige une intervention adaptée. Des améliorations comme l’isolation des combles ou le remplacement des fenêtres ne suppriment pas ces dangers.
En revanche, un logement dont l’installation ne présente pas d’anomalie dangereuse identifiée peut bénéficier d’un programme de travaux coordonné. L’amélioration de l’isolation, le remplacement du chauffage ou la ventilation peuvent modifier l’emplacement des équipements et leurs besoins électriques.
Par exemple, l’installation d’un nouveau système de chauffage électrique ou d’une pompe à chaleur peut nécessiter une alimentation appropriée. L’électricien doit alors examiner les circuits, les protections et la puissance disponible avant le raccordement.
Le choix ne se résume donc pas à opposer sécurité et performance énergétique. Il s’agit de distinguer ce qui doit être corrigé immédiatement de ce qui peut être optimisé dans un projet global.
Une organisation efficace peut suivre trois temps :
- Faire identifier et traiter les défauts électriques présentant un danger pour les occupants.
- Définir les besoins techniques des futurs équipements de chauffage, ventilation et production d’eau chaude.
- Regrouper les interventions sur les réseaux et les parois lorsque leur coordination évite des travaux redondants.
Les aides françaises à la rénovation énergétique peuvent accompagner certains travaux éligibles, mais leurs conditions varient selon les dispositifs. Il ne faut pas présumer qu’une rénovation électrique complète bénéficie automatiquement d’une aide destinée aux économies d’énergie, ni qu’un dispositif impose systématiquement la remise à neuf de toute l’installation.
Une fois les interventions techniques planifiées, il reste à choisir le bon moment pour poser les revêtements et achever les peintures sans multiplier les retouches.
Quand refaire les peintures lors d’une rénovation comprenant sols, fenêtres et électricité ?
Dans une rénovation associant électricité, fenêtres et sols, les peintures de finition doivent généralement être réalisées après les interventions susceptibles d’endommager les murs et plafonds. Les plafonds peuvent être peints avant la pose des sols définitifs, tandis que les murs sont souvent terminés après les principales installations techniques. L’ordre exact dépend des matériaux, des protections prévues et des reprises nécessaires.
La pose de nouvelles fenêtres peut entraîner des travaux sur les tableaux, les embrasures ou les joints périphériques. Peindre définitivement ces zones avant le remplacement des menuiseries risque d’imposer une nouvelle préparation des supports.
Le même raisonnement s’applique à l’électricité. Les boîtiers, gaines et passages encastrés doivent être installés avant les enduits de finition. Après fermeture et préparation des surfaces, les peintres peuvent intervenir sans risquer de voir les murs immédiatement rouverts.
Pour les sols, plusieurs séquences sont possibles. Les plafonds sont généralement plus simples à traiter lorsque le sol définitif n’est pas encore exposé aux projections. Les murs peuvent recevoir une première préparation avant les revêtements de sol, puis leurs couches finales une fois les travaux les plus salissants terminés.
La pose des plinthes intervient également dans cette coordination. Selon le système retenu, les finitions murales et les joints peuvent être achevés avant ou après leur installation.
Les retouches finales doivent être prévues dans le planning. Même avec un ordre de chantier cohérent, la pose des interrupteurs, prises, luminaires, menuiseries intérieures et autres équipements peut occasionner de petites marques. Une intervention de finition permet d’obtenir un résultat homogène.
Un planning trop rigide peut toutefois devenir contre-productif. Certaines peintures nécessitent des conditions de séchage adaptées ; certains revêtements demandent une protection particulière ; et une reprise de maçonnerie imprévue peut obliger à réorganiser les tâches. Le calendrier doit rester compatible avec les prescriptions des matériaux et les contraintes des entreprises.
Dans un logement ancien, cette organisation devient particulièrement importante lorsque le budget oblige à répartir les rénovations sur plusieurs périodes.
À retenir avant de répartir le budget
- Identifier les dangers avant de choisir les travaux : une anomalie électrique grave exige une action adaptée, même si une rénovation esthétique était prévue en premier.
- Protéger les investissements difficiles à reprendre : toiture, structure et réseaux encastrés doivent être examinés avant les revêtements définitifs.
- Prévoir les étapes futures dès le départ : conserver un plan technique cohérent évite de refaire inutilement les mêmes murs et sols.
Quels travaux sont prioritaires dans une maison ancienne quand le budget est limité ?
Avec un budget limité, la priorité doit aller aux travaux qui protègent les personnes et empêchent la dégradation du bâtiment. Une installation électrique dangereuse, une structure instable ou des infiltrations importantes doivent être évaluées avant les améliorations esthétiques. Les travaux de confort peuvent ensuite être programmés progressivement, à condition de ne pas compromettre les interventions futures.
La première difficulté consiste à comparer des risques de nature différente. Une prise dangereuse et une toiture qui laisse pénétrer l’eau ne se hiérarchisent pas seulement selon leur coût : il faut considérer l’urgence, les conséquences possibles et la possibilité de sécuriser provisoirement la situation.
Un professionnel compétent dans chaque domaine peut préciser les actions nécessaires. Lorsque plusieurs dangers sont identifiés, leur traitement doit être coordonné plutôt que soumis à un ordre général immuable.
Le second critère est celui des travaux difficiles à reprendre. Une canalisation ou un circuit électrique encastré peut devenir très coûteux à modifier après la pose d’un revêtement neuf. À l’inverse, certains éléments de décoration peuvent être remplacés ultérieurement sans affecter les réseaux ou la structure.
Dans une maison ancienne, une méthode raisonnable consiste à réserver d’abord les moyens nécessaires aux corrections de sécurité, puis à traiter les causes de dégradation du bâti, avant de réaliser les améliorations de confort et les finitions.
Cette organisation reste indicative. Une infiltration active, par exemple, peut devoir être traitée immédiatement pour empêcher l’aggravation de dommages électriques ou structurels.
Lorsque les ressources ne permettent pas de refaire toute l’électricité, une mise en sécurité correctement définie peut constituer une première étape. Il faut toutefois vérifier qu’elle supprime bien les dangers identifiés et ne se limite pas au remplacement visuel d’équipements.
Pour les phases ultérieures, il est utile de conserver les plans, les documents de diagnostic, les caractéristiques des circuits et les emplacements des réservations techniques. Une rénovation progressive gagne ainsi en cohérence, même lorsque les entreprises interviennent à plusieurs mois d’intervalle.
Dans les logements proposés à la location, les choix budgétaires doivent respecter les obligations de décence. L’article 2 du décret relatif au logement décent sur Légifrance prévoit notamment que les réseaux et branchements électriques respectent les exigences de sécurité et soient en bon état d’usage et de fonctionnement.
Enfin, si le projet comprend des améliorations énergétiques, les aides disponibles doivent être étudiées avant la signature des devis. L’éligibilité dépend du dispositif, des travaux concernés et, selon les cas, des ressources du ménage ou des qualifications des entreprises. Il convient de vérifier les conditions auprès des organismes compétents plutôt que d’intégrer une subvention supposée dans le budget.
La prochaine action consiste à faire examiner l’installation par un électricien qualifié, puis à demander une proposition distinguant les travaux urgents, les adaptations nécessaires aux usages et les améliorations pouvant être reportées. Cette distinction permet de construire un budget progressif sans sacrifier la sécurité du logement.
Une installation électrique de plus de 30 ans doit-elle obligatoirement être refaite ?
Non. En France, il n’existe pas de règle générale imposant une rénovation électrique complète simplement parce qu’une installation dépasse 30 ans. Son état réel, ses protections et son aptitude aux usages doivent être évalués. Les anomalies dangereuses nécessitent une correction, mais celle-ci ne suppose pas systématiquement le remplacement intégral du réseau.
Peut-on conserver les anciens câbles après avoir remplacé le tableau électrique ?
Oui, dans certaines situations, si un professionnel vérifie que les conducteurs conservés sont en état de fonctionner en sécurité et restent adaptés aux protections et aux circuits concernés. Un tableau neuf ne répare pas un câble dont l’isolant est dégradé et ne garantit pas, à lui seul, la sécurité de toute l’installation.
Faut-il un diagnostic électrique avant de rénover un logement que l’on occupe ?
Le seul fait d’occuper un logement ancien n’entraîne pas automatiquement l’obligation de réaliser le diagnostic immobilier prévu pour certaines ventes et locations. Un contrôle technique par un électricien reste néanmoins recommandé lorsque l’installation présente des anomalies ou lorsque des travaux importants sont envisagés. Son contenu peut être adapté aux défauts et au projet.
Peut-on habiter dans une maison pendant une rénovation électrique complète ?
Cela dépend de l’ampleur des interventions et des conditions de sécurité du chantier. Une rénovation complète peut nécessiter des coupures d’alimentation, l’ouverture des murs et l’indisponibilité temporaire de certaines pièces. L’électricien doit déterminer si une occupation partielle reste compatible avec la mise hors tension des zones de travaux, la protection des circuits et la sécurité des occupants.
Une installation électrique peut-elle être rénovée pièce par pièce ?
Une rénovation progressive est envisageable si l’état du réseau le permet et si les travaux sont conçus dans un plan d’ensemble. Les protections communes, les circuits existants et les nouvelles alimentations doivent rester cohérents. Les dangers identifiés ne peuvent toutefois pas être laissés en attente simplement parce que les pièces concernées sont prévues dans une phase ultérieure.